lundi 16 avril 2012

La procédure d’insolvabilité CE 346-2000 favorise t’elle le pillage des brevets des entreprises nationales ?


A une semaine des élections présidentielles, au moment ou un grand nombre de candidats défilent dans les usines pour promouvoir le « produire en France » et annoncent le retour fracassant d’un interventionnisme politique pour réindustrialiser le pays ; nous  saluons toutes et tous,  l’efficacité markéting des plans médias et de ses différents supports, et des dizaines d’exemples d’une solution de dernière minute pour la sauvegarde de l’emploi de centaines de nos compatriotes.

L’événement et non plus l’actualité est devenu le moteur de notre société. L’immédiateté émotionnelle est intégrée aux plans de gestion de crise médiatisée de nos élites, dans un système certes dénoncé, mais qui continue sans régulation ces terribles ravages. On continue de soigner les effets de la maladie, en refusant d’établir le diagnostic et donc d’en nommer la cause ; ou  les  nombreux facteurs qui  véhiculent la propagation de la contagion, et gare aux analystes qui oseraient faire entendre que la crise est loin d’être  terminée, ils seront jetés dans le Styx des ennemis de l’orthodoxie libérale ! 

Nous  aimerions enfin qu’en France puisse se développer les « espaces cryptiques » pour « ouvrir le champ des possibles » à une critique divergente, l’acceptation de l’étude d’un champ de recherche factuel à l’abri des récupérations politiques ou de l’avis inquisiteur d’une caste de « spin doctors » et de « think-thank » sophistes au mieux, au pire sous la coupe d’intérêts de puissants lobbys ! Cela faciliterai le travail des opérationnels de la gestion des risques, dans la modélisation de véritables « stress test », de plans de gestion de crise non faussés par des postulats volontairement bridés, il reste du chemin a parcourir…

En 2009, la liquidation  de la filiale française de l'équipementier télécom Nortel a jeté au  chômage 467 salariés. Un exemple parmi tant d’autres pourrai t’on dire de cette crise financière et politique qui secoue le monde. Mais une information « signal faible » qui démontre que les entreprises ultra performantes dans le domaine du high tech et sa population cadre pouvait également disparaitre au même titre qu’une usine de confection de lingerie et de ses ouvrières. 

 

Les technologies de pointe, le bagage de nos ingénieurs, l’innovation ne sont pas contrairement à la doctrine d’éminents experts « LA » solution à la crise, tout du moins sans s’interroger au préalable sur la justesse du devenir des modèles économiques de ces entreprises et du  soutient de l’état notamment avec le crédit recherche (et de sa spoliation éventuelle)  et d’un dispositif de défense juridique adapté aux conflits économiques qui puisse protéger les savoirs faire et l’ensemble du patrimoine d’une filière stratégique pour les intérêts de la Nation. 

 

Emmanuel Levy, journaliste économique à Marianne a écrit une excellente tribune qui  met en valeur la problématique Nortel et ses implications. 

 

Cet exemple devrait faire l’objet d’une étude de cas dans les écoles d’intelligence économique, les IEP, les écoles de management et pourrait être une excellente initiative pour  la réflexion de celles et ceux qui se passionnent pour les questions de géoéconomie à l’échelon de notre continent, de l’influence des nouvelles directives sur la tradition juridique des Nations et des impacts que celles-ci peuvent produire sur la captation de centaines de nos brevets par le biais de mécanismes sophistiqués et qui font le délice de la concurrence anglo-saxonne.

 

Je  vous   laisse consommer sans modération ce passionnant article qui finira par convaincre je l’espère certains d’entre vous de l’intérêt d’intégrer l’intelligence juridique, comme un élément structurant et indissociable de la discipline de l’intelligence économique au cœur même des entreprises et de l’ensemble de ces parties intéressées.

 

Bonne lecture  et réflexion

http://www.marianne2.fr/Nortel-les-fonds-se-goinfrent-de-brevets-le-gouvernement-laisse-faire_a216969.html

2 commentaires:

  1. Que dire mon très cher Lilian, sinon, que ton analyse frise l'indécence tant elle démontre l'incurie des pouvoirs publics à défendre un véritable Patriotisme Economique et donc une société dans laquelle chacun devrait pouvoir vivre de son travail de manière décente.
    Le constat en devient presqu'affligeant : quelle espèce de société pense-t-on léguer à nos enfants ? Cela fait beaucoup de questions, pour lesquelles il faudrait avoir des corones pour oser même en débattre et y apporter quelques solutions même "molles" au sein de l'Hémicycle. Une crise économique de deux ans, puis une campagne présidentielle d'un an n'auront peut-être pas réduite à néant cette incroyable envie de vivre décemment. C'est toutefois ce que j'espère, mais on a du plomb dans l'aile, et il est légitime à mon sens de se poser la question du double discourt quant à la réelle finalité d'intelligence économique telle qu'elle est conçu est prodiguée en France.

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    1. Cher Arnaud,

      Ô humblement, un petit commentaire, c'est le journaliste qui a fait du bon boulot avec son article.

      Est-ce l'incurie des pouvoirs publics, je n'en suis pas certain, ce pays tient encore debout grâce aux corps intermédiaires et au dévouement patriotique d'un nombre conséquent de fonctionnaires.

      Il faut espérer à un sursaut politique et la fin de l'eurobéatitude dans la haute administration et parmi les élites politiques, mais je crains malheureusement que le point de bascule ne soit définitivement franchi.

      Pour user d'un exemple historique, nous sommes tous sur un paquebot dont l'équipage sourd, aveugle et muet, accélère droit vers l'iceberg !

      A 27 membres et compte tenu de la position dominante des pays nordistes, d'aucun acceptera une France faisant un retour vers un "État stratège", ce sera donc la fuite en avant vers une solution soviétisante et il faudra attendre la catastrophe de la chute de l'euro.

      Regarde les taux d'emprunts a 10 ans de l'arc méditerranéen, le constat est clair,dans six mois aucun de ces pays ne pourra emprunter, sans un risque de révolte des peuples, nous allons doit vers un scénario berlinois des années 20 !

      Lorsque on sait qu'un homme comme Joseph Stigliz, même un Jacques Sapir sont ignorés ou accusés d’aliénation, on frémit ... La course au casino des produits toxiques reprends de plus belle, la spéculation sur notre dette dans les prochaines semaines va nous laminer. Je suis extrêmement pessimiste, mais ne demande qu'a avoir tort.

      Bien à toi

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