Des scientifiques britanniques qui publient une étude dans Nature Geoscience selon laquelle une énorme étendue d'eau froide dans l'océan Arctique est en train de s'élargir et pourrait à terme faire baisser les températures en Europe en ralentissant les effets du courant océanique du Gulf Stream.
Grâce à des satellites qui ont servi à mesurer le niveau de la mer de 1995 à 2010, des scientifiques du University College de Londres et du National Oceanography Center britannique ont découvert que la surface de l'Arctique de l'ouest avait augmenté de 15 centimètres depuis 2002. En tout, le volume d'eau douce a augmenté d'au moins 8000 kilomètres cubes, ce qui représente environ 10 % de toute l'eau douce de l'océan Arctique. Cette eau douce provient de la fonte des glaces et des cours d'eau qui se jettent dans l'océan.
Cette augmentation pourrait être due à des vents arctiques qui alimentent un courant océanique appelé Gyre de Beaufort, ce qui fait monter le niveau de la mer. Certains scientifiques pensent que le rythme naturel du Gyre pourrait être affecté par le réchauffement climatique, ce qui aurait des conséquences fâcheuses sur la circulation océanique et pourrait faire monter le niveau des mers.
Si les vents changent de direction, ce qui est arrivé au milieu des années 1980 et au milieu des années 1990, cette étendue d'eau douce pourrait se répandre dans le reste de l'océan Arctique, voire même au nord de l'océan Atlantique. Ce phénomène pourrait refroidir l'Europe en ralentissant un courant océanique en provenance du Gulf Stream qui permet à l'Europe de conserver un climat relativement doux en comparaison à d'autres pays situés sur les mêmes latitudes.
Sources : http://www.nature.com/ngeo/index.html [ http://www.catnat.net/veille-catastrophes/changements-climatiques]
Blog de réflexion et de partage sur l'univers de l'intelligence économique, des questions de sécurité globale, de géoéconomie et de développement durable
jeudi 26 janvier 2012
mercredi 18 janvier 2012
L’ONU lance une application iphone pour calculer votre empreinte carbone
Mieux : elle calcule également la surface d’un écosystème en particulier nécessaire pour absorber le dioxyde de carbone généré par chaque trajet. Un hectare de mangroves peut par exemple absorber 1 900 tonnes de CO2. La délégation française qui a pris part au sommet de Durban (Afrique du Sud), elle, a parcouru en avion environ 14 000 kilomètres et pour compenser ses émissions, il faudrait planter 17 000 m² de forêt équatoriale humide ou plus de 30 000 m² de forêt tropicale !
« Blue and REDD Carbon » délivre par ailleurs des conseils et des suggestions simples pour réduire l’impact sur les forêts et la dégradation des écosystèmes que l’on se trouve au bureau, à la maison ou en voiture. Elle donne aussi des informations sur les rôles que jouent ces écosystèmes comme la protection des rivages contre les tempêtes, le soutien aux pêcheries ou l’approvisionnement en ressources (bois, médicaments etc.).
Cette application pédagogique tend à rendre plus concret le rôle des forêts dans la gestion des gaz à effet de serre (GES) et met en avant les problèmes qui découlent de la déforestation. Les forêts équatoriales abritent la moitié des plantes et des espèces connues sur la planète, permettent à un milliard de personnes de vivre sur Terre et contribuent à hauteur de 360 milliards d’euros à l’économie mondiale.
L’intitulé de l’application disponible en français, en anglais, en arabe, en chinois, en japonais, en russe et en espagnol joue avec les mots. Il provient en effet du concept Blue Carbon, qui est la capacité de stockage des écosystèmes marins et côtiers en CO2, mais aussi du mécanisme onusien REDD + (Reducing emissions from deforestation and forest degradation), sur lequel Greenpeace a récemment émis de sérieuses réserves mais qui n’en a pas moins vocation à réduire les émissions de CO2 provenant de la déforestation et de la dégradation de la biodiversité des forêts.
L’ONU n’a pas forcément choisi le téléphone le plus écologique dans sa fabrication mais cette application reste une belle initiative qui sensibilisera, on l’espère, de nombreux utilisateurs.
[source : Marguerite Nebelsztein, Lundi 19 décembre 2011]
Stiglitz exhorte les Européens à repenser leur gestion de la crise
Le prix Nobel d'Economie, connu pour ses positions keynésiennes, compare les politiques d'austérité actuelles à la pratique de la saignée dans la médecine médiévale. Seul l'investissement public peut casser cette spirale infernale, juge-t-il.
Que Joseph Stiglitz, prix Nobel d'Economie réputé pour ses positions anticonformistes, se distingue dans son analyse de la crise européenne, est certes logique. Mais hier, lors du Forum financier asiatique de Hong Kong, le célèbre économiste a eu des mots d'un rare pessimisme au sujet du Vieux Continent. Pour lui, les responsables européens, sous la pression d'un consensus financier douteux, sont en train de mener leurs pays au chaos, et la monnaie unique à une disparition presque inévitable.
L'Europe, a jugé l'économiste, est en train de « rendre la faveur aux Etats-Unis », en exportant à son tour une crise de plus en plus inextricable et globale. En cause : des politiques d'austérité « clairement insoutenables ». Au lieu de finaliser, dès 2010, l'édifice politique qui aurait rendu la zone euro cohérente et tenable, les pays d'Europe ont imposé à la Grèce un serrage de ceinture qui n'a fait qu'augmenter le poids de sa dette publique -car l'effondrement de la conjoncture a fait fondre les recettes fiscales. « Bien que l'austérité soit néfaste, la réponse politique est d'en exiger toujours plus », a critiqué le professeur de l'université américaine Columbia. Avant de comparer cet acharnement à « la pratique de la saignée dans la médecine médiévale ». Au final, la crise voit vaciller des pays comme l'Espagne et l'Irlande « qui avaient pourtant des budgets excédentaires avant la crise ».
Que faire ? Relever les taxes pour, au contraire, pouvoir dépenser plus, et jouer ainsi sur l'effet de multiplicateur budgétaire, « base de la théorie économique », censé démultiplier sur le PIB l'augmentation de la dépense publique « avec un facteur allant de un à trois ».
La véritable urgence est de repenser l'architecture financière mondiale, assure Stiglitz. Avec deux mots clés : régulation et transparence. Régulation car la seule période longue de stabilité financière qu'ait connue le monde est celle qui a suivi la crise de 1929, qui se caractérisait par la présence de garde-fous solides. Depuis les dérégulations des années 1980, « la fréquence des crises financières ne cesse de s'accélérer ». Et le coût collectif de ces crises, ajoute Stiglitz, est « très nettement supérieur à ce qu'aurait coûté la mise en place de régulations adéquates ». Quant à la transparence, elle est plus que jamais nécessaire pour ramener de la sérénité sur la planète financière. Il suffit pour s'en convaincre de se pencher aujourd'hui sur le marché des CDS (Credit default swaps, qui permettent d'assurer un acquéreur de titres financiers) rattachés aux dettes souveraines européennes. Aujourd'hui, nul n'est en mesure de savoir comment ces produits sont répartis dans le monde, prévient-il. D'où le caractère potentiellement explosif d'un défaut de paiement d'un pays européen qui « pourrait geler le marché mondial du crédit d'une manière comparable à ce que nous avons connu en 2008 ».
Au final, celui qui, à la fin des années 1990, avait vu juste en critiquant les politiques exigées par le FMI pour venir en aide aux pays asiatiques, estime que la question qui s'impose peu à peu est « comment l'euro va finir ?». Jusqu'où les peuples d'Europe accepteront-ils cette potion amère ? s'interroge-t-il en précisant que le chômage des jeunes dépasse 40% en Espagne depuis 2008. Et de rappeler le destin de l'étalon or après la crise de 1929 : « ce sont les premiers pays à l'avoir quitté qui s'en sont sorti le mieux »A lire également sur Le Cercle Les Echos : Joseph E. Stiglitz « 2012, année de tous les périls ? »
[ source : GABRIEL GRÉSILLON, À HONG KONG pour les Echos]
La guerre électronique ne fait que commencer
La stratégie de pointe des guerres numériques a pour objet d’améliorer les perceptions et l’analyse d’évènements en formation. Elle va donner une impulsion particulière au développement d’objets ou d’applications capables de surveillances furtives. Dans les années à venir, il faut en effet s’attendre à la dissémination dans des lieux sensibles d’objets d’apparence insignifiante et dotés d’un minimum d’intelligence afin de recueillir des informations. Ce seront des informations de position, d’évaluation de forces, de recueils de renseignements divers. Des objets passifs, difficiles à déceler, capables de télécharger leur moisson vers des objets tout aussi discrets capables de les activer et de relayer leurs renseignements sur plusieurs milliers de kilomètres.
Rappelons qu’un objet "dit intelligent" doit être capable de s’identifier et disposer d’une source d’énergie lui permettant une autonomie importante. Ses capteurs plus ou moins sophistiqués peuvent analyser une température, une lumière plus ou moins intense, des odeurs ou des vibrations (pollution ou signalement de véhicules de passage par exemple), mais aussi d’intercepter des sons particuliers et d’enregistrer une communication. Afin de faciliter leur furtivité, leur émission doit envoyer des flux de données soit en flash, soit en flux limité, vers des relais moins exposés.
Avec le développement de « l’internet des objets », l’exploitation d’objets furtifs, dotés d’intelligence et de capacité de communication locale n’est pas en soi une nouveauté. Par contre, la conception et la diffusion d’objets virtuels, numériques ayant ces mêmes capacités illustreront une percée significative dans l’art de la guerre numérique et de l’espionnage industriel.
Au-delà des applications des objets dits intelligents à des fins de surveillance, nous allons assister au développement des simuls c’est-à-dire des représentations humaines circulant dans les réseaux sociaux. Ces simuls, incarnation de services d’accueil ou même de prestations simples seront le fait d’avatars. Vos appels vidéo seront pris en charge par des simulations de vous-même, d’une secrétaire, d’un praticien quelconque empêché de vous prendre en direct… ou ne le souhaitant pas.
Doté de capacités plus ou moins élaborées, cet avatar de majordome sera ou deviendra un objet sémantique. Un avatar sémantique n’est plus simplement un objet passif qui réagit à des stimuli particuliers. Il devient capable de faire des relations entre des objets, des mots ou encore des personnes et différents évènements. C’est ainsi que la sémantique permet de donner du sens à un ensemble de données en apparence disparates.
Notre avatar sémantique est un objet expert en data mining, en exploration de bases de connaissances. Les utilisateurs avancés communiqueront vocalement avec des avatars d’eux-mêmes vivant dans les ordinateurs afin d’obtenir des réponses pour des recherches avancées. Un jour, ces avatars de vous-même, d’un ami ou d’un visiteur, communiqueront entre eux. Vous avez bien lu. Au milieu du siècle, ce ne seront plus seulement les objets matériels qui échangeront entre eux mais aussi leurs avatars sémantiques incarnant des personnages réels. Ils communiqueront entre eux des informations au travers des réseaux intelligents. Mise à jour automatique, mise à niveau d’un suivi spécifique d’une entreprise, d’une innovation, ou traçage de l’avatar d’un individu donné, seront des applications vite courantes.
Mais ce qui sera vraiment nouveau à cette époque pas si lointaine ce seront les capacités d’une équipe d’informaticiens à circonvenir ces avatars sémantiques pour les « retourner » à leur profit. L’avatar sera modifié à l’insu de son propriétaire pour délivrer des renseignements sur ses activités. Il pourra l’être au point de participer à une opération de désinformation. Des avatars seront créés pour devenir de véritables leurres afin d’extorquer des informations à des individus ou à des services mal avertis et protégés. Les informaticiens de la prochaine génération devront s’habituer à prévoir, non seulement des pare-feux à ces fantômes virtuels mais aussi des contre-mesures afin de manipuler à leur tour l’avatar espion.
La guerre électronique ne fait que commencer. Et ceux de nos responsables qui en sont encore à s’inquiéter des virus pouvant infester leurs ordinateurs me semblent aussi obsolètes que l’étaient les généraux des années 30 qui imaginaient la ligne Maginot comme la meilleure solution face à des tentatives de pénétration des méchants envahisseurs.
[source : 16/01/2012 | 17:52 | Denis Ettighoffer - Les Echos]
Rappelons qu’un objet "dit intelligent" doit être capable de s’identifier et disposer d’une source d’énergie lui permettant une autonomie importante. Ses capteurs plus ou moins sophistiqués peuvent analyser une température, une lumière plus ou moins intense, des odeurs ou des vibrations (pollution ou signalement de véhicules de passage par exemple), mais aussi d’intercepter des sons particuliers et d’enregistrer une communication. Afin de faciliter leur furtivité, leur émission doit envoyer des flux de données soit en flash, soit en flux limité, vers des relais moins exposés.
Avec le développement de « l’internet des objets », l’exploitation d’objets furtifs, dotés d’intelligence et de capacité de communication locale n’est pas en soi une nouveauté. Par contre, la conception et la diffusion d’objets virtuels, numériques ayant ces mêmes capacités illustreront une percée significative dans l’art de la guerre numérique et de l’espionnage industriel.
Au-delà des applications des objets dits intelligents à des fins de surveillance, nous allons assister au développement des simuls c’est-à-dire des représentations humaines circulant dans les réseaux sociaux. Ces simuls, incarnation de services d’accueil ou même de prestations simples seront le fait d’avatars. Vos appels vidéo seront pris en charge par des simulations de vous-même, d’une secrétaire, d’un praticien quelconque empêché de vous prendre en direct… ou ne le souhaitant pas.
Doté de capacités plus ou moins élaborées, cet avatar de majordome sera ou deviendra un objet sémantique. Un avatar sémantique n’est plus simplement un objet passif qui réagit à des stimuli particuliers. Il devient capable de faire des relations entre des objets, des mots ou encore des personnes et différents évènements. C’est ainsi que la sémantique permet de donner du sens à un ensemble de données en apparence disparates.
Notre avatar sémantique est un objet expert en data mining, en exploration de bases de connaissances. Les utilisateurs avancés communiqueront vocalement avec des avatars d’eux-mêmes vivant dans les ordinateurs afin d’obtenir des réponses pour des recherches avancées. Un jour, ces avatars de vous-même, d’un ami ou d’un visiteur, communiqueront entre eux. Vous avez bien lu. Au milieu du siècle, ce ne seront plus seulement les objets matériels qui échangeront entre eux mais aussi leurs avatars sémantiques incarnant des personnages réels. Ils communiqueront entre eux des informations au travers des réseaux intelligents. Mise à jour automatique, mise à niveau d’un suivi spécifique d’une entreprise, d’une innovation, ou traçage de l’avatar d’un individu donné, seront des applications vite courantes.
Mais ce qui sera vraiment nouveau à cette époque pas si lointaine ce seront les capacités d’une équipe d’informaticiens à circonvenir ces avatars sémantiques pour les « retourner » à leur profit. L’avatar sera modifié à l’insu de son propriétaire pour délivrer des renseignements sur ses activités. Il pourra l’être au point de participer à une opération de désinformation. Des avatars seront créés pour devenir de véritables leurres afin d’extorquer des informations à des individus ou à des services mal avertis et protégés. Les informaticiens de la prochaine génération devront s’habituer à prévoir, non seulement des pare-feux à ces fantômes virtuels mais aussi des contre-mesures afin de manipuler à leur tour l’avatar espion.
La guerre électronique ne fait que commencer. Et ceux de nos responsables qui en sont encore à s’inquiéter des virus pouvant infester leurs ordinateurs me semblent aussi obsolètes que l’étaient les généraux des années 30 qui imaginaient la ligne Maginot comme la meilleure solution face à des tentatives de pénétration des méchants envahisseurs.
[source : 16/01/2012 | 17:52 | Denis Ettighoffer - Les Echos]
Comment gérer un secret en entreprise ?
Dans le monde du travail, le silence est d'or. Sur fond de compétition mondiale, l'entreprise reste bourrée de secrets, y compris vis-à-vis de ses équipes. Recettes de fabrication, plans stratégiques, campagne commerciale, données personnelles des salariés... les informations confidentielles sont partout. Et de la « période grise » avant l'annonce de résultats de sociétés cotées à l'élaboration d'un plan social, certains secrets sont encadrés par la loi. Sous peine de sanctions pénales, pouvant aller jusqu'à un an de prison et 150.000 euros d'amende en cas de délit d'initié (pour la personne qui transmet les informations). Les auteurs d'un délit d'entrave risquent, eux, une amende de 3.750 euros et un an d'emprisonnement.
Mais, à l'ère de la mondialisation et d'Internet, l'entreprise a de plus en plus de mal à garder un secret. D'autant qu'un arsenal législatif impose une transparence grandissante sur des sujets naguère tabous -comme l'illustre le récent décret sur sa responsabilité sociétale. Et un employeur doit faire face à la curiosité de publics toujours plus nombreux : concurrents étrangers, actionnaires, investisseurs, salariés, ONG, consommateurs...
Réunions sécurisées
« Aujourd'hui, la valorisation du secret décrète la vie ou la mort d'une entreprise, estime Alain Juillet, l'ancien délégué interministériel à l'Intelligence économique, président du Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE). Auparavant, la concurrence était soumise à des règles éthiques. Les gens n'hésitent plus à les enfreindre. »
Selon une étude de KPMG, une fuite d'information sur deux viendrait, volontairement ou non, des collaborateurs. Or, dans les entreprises « étendues », la notion d'interne et d'externe devient floue. Disséminés à travers le monde, les salariés, nomades, communiquent à coups de mails, de SMS, de réseaux sociaux et de portables. Et dans l'entreprise se mêlent des prestataires, partenaires, stagiaires et intérimaires. Dès lors, que dire à ses équipes ? Que leur cacher ? Et comment ?
Bien sûr, des contrats stipulent aux employés de ne pas communiquer sur des projets en cours. Mais le champ des données confidentielles est vaste, et les entreprises, elles-mêmes, n'ont pas toujours conscience des dérives. Par exemple, « transmettre un fichier contenant des informations salariales d'une filiale française vers le siège d'un groupe étranger est illégal si les salariés n'ont pas accepté ce transfert et que la CNIL n'en est pas informée », souligne maître Anne-Elisabeth Combes, avocate en droit social chez Ernst & Young. En outre, « une information anodine peut devenir stratégique à un moment clef. Qu'une assistante évoque un rendez-vous sur l'agenda de son patron importe peu. Mais savoir qu'un PDG est à l'étranger est crucial en cas de menace d'OPA hostile », note Régis Poincelet, vice-président du CDSE. Et puis, des chercheurs aux financiers, les risques varient selon les publics.
Dans une tour de la Défense, GDF Suez s'est doté d'un espace confiné, destiné aux réunions confidentielles. Lorsque la lourde porte blanche se referme, que ses verrous électroniques claquent, quelques privilégiés se trouvent dans une cage de Faraday, insonorisée, étanche aux champs électriques et aux ondes.
« Certaines entreprises cloisonnent des projets pour limiter la vision globale de chacun, raconte Guillaume Aper, président de l'Association française de communication interne (Afci). Mais le culte du secret reste subjectif, selon la culture de l'entreprise, son secteur... » A charge donc, pour chaque employeur de déterminer ce qui est confidentiel, afin de limiter l'accès aux informations selon les besoins de chacun. Une tâche herculéenne !
D'autant que, souvent, les secrets se divulguent par maladresse. En février, une assistante mettant à jour un fichier chez Sogeti a envoyé par mégarde à 298 collaborateurs un document d'évaluation nominatif réservé à la DRH. Avec commentaires, salaires et augmentations ! De même, un salarié soucieux d'étoffer son CV sur un réseau social peut dévoiler un projet stratégique.
Formations spécifiques
Si les technologies se sophistiquent - des logiciels de « data leak prevention » empêchent, entre autres, de copier le contenu de documents, y compris en interne -, « le maillon faible reste l'humain », résume Guillaume Tissier, de la Compagnie européenne d'intelligence stratégique (CEIS). Aussi, pour préserver le secret, rien de tel que la parole... et la formation.
Le spécialiste de la santé Sanofi, qui pratique la recherche collaborative, a choisi de frapper fort : il a lancé une campagne pour rappeler à ses 110.000 salariés la valeur des informations, en utilisant la métaphore de fuites d'eau. Le 16 juin, le siège a été décoré d'énormes autocollants de flaques d'eau, dans l'ascenseur, devant la machine à café ou dans les couloirs. Avec un slogan : « une petite fuite peut causer de grands dégâts ». La page d'accueil de l'intranet se noyait sous les eaux au premier clic. Et deux vidéos montraient des salariés recevant des trombes d'eau à l'évocation d'informations confidentielles. La semaine suivante, quatre clefs à molette ont été distribuées aux salariés, avec des conseils à suivre : politique du « clean desk » (ne rien laisser sur le bureau), recours au cryptage, port du badge visible... L'opération « coup d'éclat » a été complétée par une formation en e-learning, sous la forme de serious game.
Les entreprises ne sont pas les seules à se tourner vers la formation. Fin décembre, en partenariat avec le Medef, les ministères de l'Education et de la Recherche ont lancé une formation pour étendre l'enseignement de l'intelligence économique aux étudiants de licence et de mastère.[source : 17/01 | 07:00 | Laurance N'kaoua - Les Echos]
jeudi 12 janvier 2012
La France doit choisir
Date de parution 05/01/2012
Essais (H.C.)
288 pages - 18 € TTC
Essais (H.C.)
288 pages - 18 € TTC
Depuis des années, chômage et désindustrialisation persistent sur fond de dette et de déficit de notre balance commerciale. Ces graves difficultés, conjuguées à un inquiétant divorce entre les citoyens et les entreprises, donnent l’impression que la France a manqué son insertion dans la mondialisation et n’a plus son destin entre ses mains. Or il n’en est rien. La France peut encore choisir son avenir, mais elle doit le faire sans attendre.
Elle doit choisir entre différents modèles de développement économiques.
La mondialisation ne couronne pas le modèle libéral-financier, elle marque au contraire le succès du modèle commercial-industriel qu’incarnent l’Allemagne, le Japon ou la Chine. La crise de 2008 n’a fait que le confirmer.
L’urgence de la situation et les échéances électorales à venir nous imposent de faire un choix clair, qui permette aux entreprises de développer des stratégies de croissance, définies et mises en œuvre en accord avec les salariés et leurs représentants, et assurant la compétitivité de la France au niveau international.
Ce livre présente cette stratégie et indique les mesures à prendre, législatives et réglementaires. Il n’y a plus de temps à perdre.
Jean-Louis Beffa est président d’honneur de la Compagnie de Saint-Gobain et coprésident du Centre Cournot pour la recherche en économie.
L'avis du blogger:
Un des meilleurs livres de stratégie économique que j'ai lu depuis cinq ans !
mercredi 11 janvier 2012
La mafia, première banque d'une Italie en crise
Avec 65 milliards de liquidités, les mafias représentent parfois la seule possibilité de prêts pour les petits commerçants victimes de la crise. Une aubaine pour le crime organisé
La mafia ne connaît pas la crise, au contraire, elle en profite. D'après le rapport annuel de l'association italienne SOS Impresa, la mafia a accéléré son développement et représente désormais la première banque du pays avec 65 milliards d'euros de liquidités.
Pour l'association, l'extorsion menée par des groupes criminels est même devenue une «urgence nationale». Profitant de la restriction du crédit par les banques, les organisations mafieuses ont en effet accentué leur pression sur les petits commerçants. Ces derniers cèdent pour contracter des prêts à des taux d'intérêts exorbitants.«Alors que la crise a miné la confiance des banques, les mafias arrivent avec leurs liquidités, issues d'activités criminelles et sont les seules prêtes à prendre des risques, explique Eric Vernier, spécialiste du blanchiment de capitaux et chercheur associé à l'IRIS. Pour les commerçants et les artisans, elles représentent leur seule possibilité de prêts et l'unique moyen de sauver leur entreprise et les emplois.»
D'après le rapport, 200.000 personnes seraient ainsi victimes d'usuriers. Pour l'Italie, les conséquences sont désastreuses. Selon les estimations de SOS Impresa, les commerçants sont victimes de «1300 crimes chaque jour, soit quasiment 50 par heure, et donc presque un par minute». Sur le versant économique, «l'usure a provoqué la fermeture d'environ 1800 entreprises et la disparition de milliers d'emplois».
Chiffre d'affaires annuel de 140 milliards
Le profil des mafieux a changé, selon SOS Impresa. Fini les gangsters à l'ancienne, place aux banquiers, aux avocats et aux notaires. «C'est de l'extorsion en col blanc. Via leurs métiers, ils connaissent les mécanismes de marché du crédit légal et ils connaissent souvent parfaitement la situation financière de leurs victimes».
La mafia italienne, elle, se porte bien: le chiffre d'affaires annuel issu du crime organisé atteint 140 milliards d'euros, selon SOS Impresa et des profits supérieurs à 100 milliards d'euros. En 2007, les bénéfices étaient inférieurs de 10 milliards.
Pour Eric Vernier, les prêts extorqués ont pris leur essor dans les années 1980-1990, «lorsque que les mafias se sont de plus en plus insérées dans l'économie avec des activités plus financières». La perspective d'une reprise en Italie pourrait-elle inverser la tendance? «Lorsqu'une pratique s'installe, il est difficile d'en sortir, estime-t-il. Je crains que la crise n'ait installé une habitude.»
SOS Impresa appelle pour sa part les victimes à porter plainte. «L'année dernière, nous avons été contactés par plus de 3000 entreprises. Mais les rares entrepreneurs qui se plaignent sont parfois délaissés par la politique, les banques, et même par leurs amis et leur famille.»
[source : Sophie Amsili - Le figaro ]
samedi 7 janvier 2012
Autodiagnostic intelligence économique PME
Très bonne initiative et pour l'auditeur IE, débutant une trame qui peut se révéler utile.
http://www.experts-comptables.fr/design/csoec/html/autodiagnostic-intelligence-economique/
http://www.experts-comptables.fr/design/csoec/html/autodiagnostic-intelligence-economique/
vendredi 6 janvier 2012
Le livre du mois "Management des systèmes d'information" de Kenneth Laudon, Jane Laudon, Eric Fimbel, Serge Costa
Internationalement connu pour sa rigueur et sa complétude, ce manuel propose une approche pluridisciplinaire des systèmes d'information (SI). Il explique comment les SI peuvent améliorer les prises de décision et accroître la rentabilité, permettant ainsi aux managers de tirer profit des systèmes d'information sur le plan tant stratégique qu'opérationnel. Toutes les composantes sont détaillées et analysées : le rôle des SI et les changements liés à Internet et aux outils informatiques ; les plateformes matérielles et logicielles ; les questions de stratégie et d'éthique ; les technologies de gestion des données et des communications : réseaux sans fil, sécurité, etc. ; les processus de décision : systèmes d'aide à la décision, systèmes de gestion de la chaîne logistique, de la relation client, des connaissances, etc.
L'édition francophone est remarquable notamment pour son adaptation minutieuse aux spécificités françaises et plus généralement européennes : les éléments culturels, réglementaires et économiques américains ont été remplacés ou complétés par des équivalents européens.
Chaque chapitre commence par une étude de cas réelle qui introduit les notions développées par la suite. Le résumé à la fin de chaque chapitre, les nombreux exercices variés, l'étude de cas de fin de chapitre et la bibliographie générale font de ce livre un manuel hautement pédagogique. Cette nouvelle édition met l'accent sur leweb 2.0, notamment l'essor des réseaux sociaux tels que Facebook et YouTube, ainsi que sur les possibilités commerciales qui en résultent.
De nouveaux développements portent par ailleurs sur les tendances récentes, dont les applications mobiles (le m-commerce : iPhone, VOD, etc.), ainsi que sur les risques et la sécurisation des données et des usages. Enfin, toutes les études de cas ont été soit mises à jour, soit remplacées : PriceMinister, Accor, BNP-Paribas, Yves Rocher, etc.
L'avis du blogger :
Il vous faudra dépenser pas moins de 47 euros, ET OUI QUAND MÊME ! mais vous disposerez d'un outil remarquable pouvant permettre d'affiner votre politique S.I ou vos outils pour la clientèle.
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