Dans sa robe noire luisante, il fait penser à un requin, dont il a également le ventre blanc. Avec une motorisation d'une puissance annoncée de 500 chevaux pour un poids de 1,3 tonne, une vitesse maximum de 70 noeuds (45 pour la vitesse de croisière), le premier prototype du Luxury MIG675 a tout pour séduire l'amateur de bateau «off shore».
Autonome en énergie et non polluant
Tout et même plus que la concurrence: «La grande innovation réside dans l'absence de réservoir d'essence. J'ai développé un générateur autonome de 50.000 volts qui produit, à partir de l'eau de mer qu'il pompe, l'hydrogène qui alimente le moteur. Il n'y a aucun rejet d'oxyde de carbone ni de résidus polluants et on n'a plus besoin de passer à la pompe, une autonomie illimitée». En ces temps où le prix du pétrole flambe, l'argument ne peut laisser personne insensible. Et les défenseurs du développement durable et de l'environnement ne devraient rien trouver à y redire.
Constructeur autodidacte
Angi Le Floch, 28 ans, gérant de la société Luxury, en cour de création, se définit comme un autodidacte. Bac pro de chaudronnier puis études de commerce ne devaient pas en faire un constructeur naval. Le jeune Quimperlois commence à travailler dans l'entreprise paternelle de chaudronnerie industrielle, comme dessinateur. «J'ai travaillé avec Guy Fillon, un spécialiste de voiliers tout alu. J'ai participé à l'élaboration d'un bateau qui a fait la Route du Rhum». C'est alors que mûrit son projet personnel. «Comme je ne connais pas la voile, j'ai plutôt été intéressé par les bateaux à moteur». Et le chaudronnier qu'il est opte pour l'aluminium, «qui offre l'avantage d'un gain de poids par rapport à la fibre, pour une résistance supérieure».
Ligne séduisante
Il va d'abord se concentrer sur la ligne, «je voulais une forme originale, qui tranche avec la production actuelle. Et de ce côté, j'ai eu de bons retours». Quant à la motorisation, «au départ, j'intégrais un moteur standard mer cruiser 350 mag compressé que j'ai ensuite fait évoluer. J'ai créé le générateur autonome, dont le dossier de brevet est en cours». Le bateau est équipé de matériel domotique tactile haute technologie «comme dans les berlines haut de gamme actuelles». Long de 6,75 m, le bateau accepte cinq passagers et comporte une cabine de proue pouvant accueillir trois personnes, pour une ou deux nuits.
250.000 EUR l'unité
La coque fabriquée dans l'entreprise paternelle, les équipements fournis par des entreprises bretonnes, Angi Le Floch se réserve la fabrication du générateur. Il prévoit la sortie des premiers modèles à la vente dans quatre mois. À 250.000 EUR l'exemplaire, même remorque comprise, ce n'est pas le petit pêche promenade mais un bateau de luxe qui devra trouver son créneau. Quant à la pression du lobby pétrolier, il ne la craint pas. «C'est pour cela que je me cantonne au bateau de petite série».
Sources : Paskal Mazé, le télégramme.com
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire